
« Il n’est pas très courageux. »
C’est souvent ce que j’entends lorsqu’un cheval refuse de monter dans un van, hésite devant un obstacle ou bloque face à une nouveauté.
Et je dois vous avouer que cette phrase me gêne.
Je ne veux pas qu’un cheval ait besoin de courage pour monter dans un van. Je veux qu’il puisse y monter sereinement.
Le courage, c’est agir malgré la peur.
Mon objectif, lui, est de développer les compétences dont le cheval a besoin pour que cette situation ne soit plus vécue comme une épreuve.
- Son cheval sait‑il rester immobile dans le calme et la décontraction ?
- Peut‑il s’éloigner de ses congénères sans perdre ses moyens ?
- Est‑il capable de suivre l’intention de l’humain sans avoir besoin que celui‑ci marche en permanence devant lui ?
- Comment réagit‑il lorsqu’il traverse un passage étroit ?
- Peut‑il rester disponible lorsque son environnement devient plus difficile ?
Ces questions sont finalement bien plus intéressantes que :
« Est‑ce qu’il monte dans le van ? »
Monter dans un van n’est pas vraiment une compétence isolée.
C’est souvent la conséquence de plusieurs compétences déjà construites.
Scott est la jument de mon amie et cliente Isabelle.
Lorsque nous avons commencé à travailler ensemble, la demande semblait assez simple : apprendre à Scott à monter dans le van.
La solution la plus évidente aurait donc été de travailler… le van. Encore et encore. Jusqu’à obtenir l’embarquement.
Sauf qu’en observant Scott, j’ai rapidement compris que le van ne faisait que révéler des difficultés qui existaient déjà ailleurs.
Elle avait du mal à rester immobile dans la décontraction, avait besoin que l’humain marche pour accepter d’avancer et n’était pas totalement à l’aise dans les passages étroits.
Nous avons travaillé son immobilité, son autonomie dans la conduite et son aisance dans les passages étroits.
Nous avons également pris le temps de l’aider à être plus à l’aise lorsque son environnement venait toucher ou entourer ses flancs.
Et puis nous sommes revenus au van.
Scott montait alors calmement, sans précipitation et surtout avec beaucoup plus d’autonomie.
Aujourd’hui, Isabelle peut l’embarquer seule.
Mais ce qui m’intéresse le plus dans cette histoire, ce n’est pas que Scott monte dans le van.
C’est tout ce qu’elle a appris avant.
Elle se relâche lorsqu’on lui demande de s’arrêter. Elle suit le focus d’Isabelle. Elle traverse les passages étroits sereinement.
Et elle dispose désormais de compétences qui lui permettent d’aborder l’embarquement autrement.

C’est une erreur que je rencontre dans de nombreuses situations.
Nous voulons qu’un cheval monte dans un van, reste immobile au montoir, accepte les soins vétérinaires ou parte seul en balade.
Mais lui avons‑nous réellement appris les compétences nécessaires pour vivre ces situations sereinement ?
Le comportement est la partie visible.
Les compétences sont les fondations.
Nous demandons parfois aux chevaux des comportements qu’ils n’ont jamais réellement appris à construire.
Et lorsqu’ils hésitent, nous parlons de manque de courage, de mauvaise volonté ou d’opposition.
Alors qu’en fait, ils nous montrent peut‑être simplement qu’une compétence manque encore.
Pour un cheval, ce sera davantage d’autonomie.
Pour un autre, une meilleure régulation émotionnelle.
Pour un autre encore, plus de confiance envers l’humain.
Chaque cheval a son histoire, son fonctionnement et ses propres points à améliorer.
En revanche, le principe reste le même : plus nous développons les compétences dont le cheval aura besoin, plus il pourra aborder les situations nouvelles avec sérénité.
Mais lui avons‑nous réellement appris les compétences nécessaires pour vivre ces situations sereinement ?
Alors, plutôt que de demander :
« Comment faire pour qu’il soit plus courageux ? »
J’aime mieux me demander :
« Qu’est‑ce qui lui manque aujourd’hui pour pouvoir vivre cette situation sereinement ? »
Parce qu’avant de lui demander de réussir, il faut d’abord lui donner les compétences pour y parvenir.
Le prochain chapitre s'écrit avec votre cheval.
Lire permet de changer son regard.
Observer permet de mieux comprendre.
Mais certaines situations méritent un accompagnement personnalisé.
Que vous souhaitiez préparer un jeune cheval, retrouver de la sérénité ou résoudre une difficulté du quotidien, je vous accompagne avec la même approche que celle que vous découvrez dans ces articles : fondée sur l'observation, la compréhension et le respect du cheval.


